Pour la deuxième année consécutive, les Marais de Bourges sont confrontés à une importante sécheresse. Une situation qui touche directement les maraîchers, mais aussi la faune, la flore et les infrastructures du site.
« Les coulants sont asséchés », explique Michèle Jegou, présidente de l’association des maraîchers de Bourges. Ces petits canaux, qui séparent les différentes parcelles et permettent aux maraîchers de rejoindre leurs jardins en barque, ont perdu jusqu'à 1,20 mètre d'eau.
« Les berges s'affaissent, elles ne sont plus soutenues par l'eau », raconte Michèle Jegou. Les tôles qui maintiennent certaines berges penchent sous la pression de la terre et nécessitent désormais des interventions.
Une faune fortement touchée
La sécheresse a également des conséquences importantes sur la biodiversité. « Énormément de poissons sont morts, par manque d'oxygène, a fédération de pêche a notamment dû intervenir pour retirer les poissons morts. », constate-t-elle.
Cette situation est particulièrement préoccupante car elle se répète pour la deuxième année consécutive : « L'année dernière, c'était déjà compliqué, mais là, c'est trop. C'est affligeant. »
Des travaux et une mobilisation des pouvoirs publics
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : le manque de précipitations, l'évaporation, mais aussi l'état de certaines infrastructures hydrauliques. Un barrage doit notamment être réparé l'été prochain afin de permettre à davantage d'eau d'alimenter les marais.
Les pouvoirs publics commencent également à se mobiliser. Une réunion est prévue le 16 septembre avec la mairie et les associations afin de faire le point sur les difficultés rencontrées.
La Ville doit par ailleurs engager des travaux importants sur la digue de l’Yèvre, pour un montant annoncé de 850 000 euros, avec une rénovation prévue en fin d'année.
L'entretien des marais, un autre enjeu
Au-delà de la question de l'eau, l'entretien des parcelles et des coulants constitue un autre problème. Certains propriétaires, aujourd'hui âgés, ne sont plus en mesure d'assurer eux-mêmes ces travaux.
Une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) est ainsi en cours de création afin d'apporter une aide concrète aux maraîchers, notamment pour l'entretien des parcelles et les travaux plus importants.
Malgré l'urgence, Michèle Jegou veut aussi souligner les avancées : « Ça ne va pas vite, mais on progresse. »
Les Marais représentent enfin un enjeu touristique majeur pour Bourges. Ils constituent le troisième site le plus visité de la ville, après la cathédrale et le palais Jacques-Cœur. Leur préservation est donc essentielle pour les maraîchers, la biodiversité, mais aussi pour l'attractivité de la ville.
Photo : Michèle Jegou
Bérénice Baudry
